Mardi 30 mars 2010
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"Briseur de couples": le métier qu'exerce Alex (Romain Duris, très polymorphe) sonne bien dans l'air du temps. Avec sa soeur (Julie Ferrier) et son beau-frère (un François Damiens aux petits
oignons), il forme un trio de choc, disposant à la fois des dernières technologies de filature tout en se voulant cool au travail. Le film s'ouvre au Maroc sur un exemple de la réussite de leur
petite entreprise, assez hilarant, où Alex joue des larmes et du poème brésilien pour persuader une aventurière que l'homme qu'elle a choisi n'est qu'un casanier qui ne la mènera pas bien loin.
Notre professionnel ne se voit toutefois pas comme un salaud: il n'accepte une mission que s'il est persuadé que le couple est malheureux.
Mais - quoi d'autre qu'un mais! - les comptes virent au rouge, et notre briseur de couples se voit contraint de faire contre mauvaise fortune (50 000€ tout de même) bonne grâce, en acceptant de
briser le couple idéal, qui semble tout sauf malheureux. Elle, c'est Juliette, alias Vanessa Paradis, dont le jeu subtil et sublime enchante tout au long du film. Lui, c'est Jonathan (Andrew
Lincoln), jeune, riche et beau, sortant d'Oxford et faisant dans l'humanitaire...
De ces bases simples pouvait naître une comédie "à la française" dans le plus mauvais sens du terme, et c'est une pirouette épurée, pleine de charme sans chercher à asséner gag sur gag que Pascal
Chaumeil a réalisé.
Tout est dans le rythme, l'honnêteté du scénario. Et dans beaucoup de petits plaisirs fugaces de cinéma, comme ce regard magnifique et muet de Vanessa Paradis dans un ascenseur. Le film se termine
comme on ajoute un ruban à un papier cadeau, mais l'intérieur nous parle d'amour, l'air de rien.